(Français) Colère au sein de la diaspora érythréenne

Sorry, this entry is only available in French. For the sake of viewer convenience, the content is shown below in the alternative language. You may click the link to switch the active language.

Le 10 juillet 2018 a marqué le début d’une nouvelle ère pour l’Erythrée et l’Ethiopie.

D’un point de vue érythréen, en particulier, la déclaration conjointe de paix et d’amitié entre les deux pays devrait représenter, au moins, à moyen terme, un changement en profondeur des conditions de vie pour l’ensemble de la population. A en croire au discours longuement répété par le parti unique au cours de ces 17 dernières années, une normalisation de la relation entre les deux pays entraînerait subséquemment :

– La mise en vigueur de la Constitution ratifiée ;
– La libération des prisonniers politiques ;
– La restauration des droits et libertés fondamentales des civils ; et
– La réintégration des milliers de conscrits dans la vie civile, après plus d’une décennie dans le service national.

Non seulement aucune de ces questions n’ont été abordées par Isayas Afeworki, mais de surcroît il avance sur d’autres terrains en prenant des décisions de manière unilatérale lors de ses discussions sur les questions politiques, économiques, sécuritaires, sociales et culturelles avec l’Ethiopie. A ce stade, la population n’a été consultée sur rien et seuls les médias étrangers leur servent de sources d’information.

L’absence de considération du Président vis-à-vis de sa population a généré une forte frustration sur les réseaux sociaux. Mais l’apogée fût atteinte lorsque des informations circulèrent sur des opportunités d’investissements accordées aux éthiopiens par le gouvernement érythréen, notamment auprès des ports de Massawa et de Asseb.

Tout cela alors que les citoyens érythréens sont non seulement écartés de ces opportunités économiques, mais en plus demeurent  toujours dans l’incertitude la plus parfaite quant à leur avenir qui ne continue d’être dicté par un seul homme: Isayas Afewerki.

Cette accumulation de frustration a récemment amené des individus affiliés au parti unique à changer de camps en se joignant maintenant aux bancs de l’opposition. Ces personnes, au profil souvent patriotique, se sentent profondément trahis par Isayas Afewerki qui, selon eux, « vend » le pays, accorde des privilèges aux investisseurs étrangers avant même de s’assurer que les besoins vitaux et les intérêts du peuple soient préservés.

Beaucoup demandent à ce que des manifestations aient lieu dans différentes villes à travers le monde. Et l’une de ces villes sera naturellement Genève !