Rapport sur l’Erythrée – Global Slavery Index

Aujourd’hui (jeudi 19 juillet 2018), le Global Slavery Index (GSI) 2018 publié son rapport par le biais de la Walk Free Foundation. Ledit rapport évalue, par pays, les conditions de l’esclavage dans le monde entier et identifie également les mesures prises par les gouvernements  pour y répondre. Ce rapport révèle qu’environ 40,3 millions d’hommes, de femmes et d’enfants ont été victimes de l’esclavage moderne – 24,9 millions de personnes ayant été contraintes au travail forcé et 15,4 millions vivant dans un mariage forcé. Les femmes et les filles constituent 71% des victimes.

Alors que les estimations mondiales sont stupéfiantes, les estimations régionales de la prévalence en Afrique sont encore plus inquiétantes. L’esclavage moderne y est le plus répandu , suivi par l’Asie et la région du Pacifique.

Plus précisément, l’analyse régionale pour l’Afrique estime que:

9.2 millions d’hommes, de femmes et d’enfants en Afrique ont été victimes de l’esclavage moderne (l’Afrique ayant 23% de la proportion régionale de l’estimation globale);
63% sont victimes de mariage forcé et 37% sont victimes de travail forcé; et
54% des victimes du travail forcé étaient en servitude pour dettes;
400 000 personnes ont été victimes d’exploitation sexuelle forcée (représentant 8% de toutes les victimes d’exploitation sexuelle et d’exploitation sexuelle commerciale d’enfants dans le monde).

Conclusions sur l’Erythrée

L’Erythrée a la plus forte prévalence de l’esclavage moderne en Afrique (et la deuxième dans le monde, la Corée du Nord arrivant en tête dans le monde). Au total, 9 personnes sur 1 000 (9,3%), soit près de 1 personne sur 10, sont victimes de l’esclavage moderne. Au total, 451 000 Erythréens sont victimes de l’esclavage – principalement en raison du travail forcé imposé par l’État. Le rapport le répète, mentionnant que «la Corée du Nord est suivie de près par l’Erythrée, un régime répressif qui abuse de son système de conception pour maintenir ses citoyens dans le travail forcé pendant des décennies».

Regional Country Estimated prevalence (victims per 1,000 population) Estimated absolute number of victims Population
1 Eritrea 93.0 451,000 4,847,000

« L’abus de la conscription devient un travail forcé imposé par l’Etat dans les cas où les conscrits sont forcés d’effectuer un travail de nature non militaire. Nous en trouvons la preuve en Colombie, en Égypte, à Madagascar, en Mongolie et au Mali et peut-être de manière plus significative en Érythrée. Sous prétexte de «défendre l’intégrité de l’Etat et assurer son autosuffisance»86, le gouvernement érythréen a développé un système de service national dans lequel les conscrits sont exploités et contraints de travailler pendant des périodes indéterminées. Ces travailleurs forcés sont tenus de construire des infrastructures et de travailler à d’autres projets de développement économique qui aident à soutenir le gouvernement érythréen ».

Country Name Governance Issues Lack of basic needs Inequality Disenfranchised Groups Effects of Conflict Final weighted overall score
Eritrea 71.0 50.6 33.7 48.1 25.9 69.6

Réponse du gouvernement érythréen

L’Erythrée marque faiblement quant à sa réponse sur les questions d’esclavage moderne. L’Erythrée est l’un des 10 premiers pays au monde ayant le moins de mesure pour combattre l’esclavage moderne (parmi lesquels la Corée du Nord, la Libye et l’Iran).

Recommandations

Les gouvernements et les entreprises devraient donner la priorité aux droits de l’homme dans la prise de décision lorsqu’ils s’engagent dans des régimes répressifs. « Il est tout aussi clair que les entreprises et les gouvernements qui continuent à faire du commerce avec des régimes hautement répressifs tels que la Corée du Nord et l’Erythrée contribuent au maintien du travail forcé« .