UNESCO décerne le Prix mondial de la liberté de la presse au journaliste érythréen Dawit Isaak

Un jury indépendant et international de professionnels des médias a recommandé, à l’unanimité, que le prix de la liberté de la presse soit décerné à Dawit Isaak.

Dawit Isaak, 52 ans est journaliste, écrivain et fondateur du premier journal indépendant érythréen « Setit ». Il a été arrêté en septembre 2001 avec de nombreux autres journalistes et fonctionnaires du gouvernement. Leur crime : demander une réforme démocratique au Président.

2005 marque la dernière année où des nouvelles au sujet de Dawit Isaak ont fait surface. Depuis personne ne sait où il se trouve.

Son cas n’est pas isolé. En effet, un grand nombre de civils continuent de disparaître et d’être arrêtés sans aucune procédure légale. Dans un récent communiqué de presse, Madame Sheila Keetharuth, Rapporteuse Spéciale de l’ONU rappelle que selon la commission d’enquête de l’ONU sur l’Erythrée des motifs raisonnables laissent croire que des crimes contre l’humanité sont commis de façon répandue et systématique dans le pays depuis 1991, y compris des crimes de disparitions forcées.

La Rapporteuse spéciale dit : « Le gouvernement de l’Erythrée a l’obligation d’urgemment fournir des informations sur le sort et le lieu de détention des personnes privées de liberté physique. Ceci serait la première et tardive indication que le Gouvernement s’engage à reconstruire la confiance avec le peuple érythréen. »

Madame Keetharuth affirme : « L’arrestation de Dawit Isaak et de ses confrères demeure le signe le plus visible de la répression de la liberté d’expression. Les autorités érythréennes continuent de réprimer toutes les formes d’expression pouvant être perçues comme critiques vis-à-vis du Gouvernement et de ses politiques. » Dans son dernier classement mondial, Reporters sans frontières indique que l’Erythrée occupe l’avant-dernière place du classement mondial de la liberté de la presse, juste avant la Corée du Nord qui occupe la 180e place.

Finalement, Madame Keetharuth rappelle que la liberté d’expression demeure un droit humain fondamental, la liberté de presse étant l’un des principes élémentaires de toute société démocratique.

Pour signer la pétition pour la liberté de Isaak, cliquez sur le lien suivant : https://rsf.org/fr/liberez-dawit-isaak