Franchir la mer, heurter le mur juridique

Le numéro 45 du magazine « Causes communes » est dédié à l’Enfance. On y trouve des contributions aussi touchantes qu’instructives.

Parmi elles, l’histoire d’Admasawit !

Cela fait plus de deux ans maintenant qu’elle n’a pas vu sa mère, après un parcours migratoire qui a déchiré sa famille lors de l’enlèvement de sa mère en plein milieu du désert du Sahara. Plus de deux ans aussi que le Secrétariat d’Etat aux Migration (SEM) ne prend pas en compte les intérêts supérieurs d’Admasawit en laissant traîner la demande d’asile déposée par Negash, son père.

Lui qui était au service militaire pendant plus de 16 ans avant de quitter l’Erythrée accompagné de sa tendre épouse et d’Admasawit, alors âgée d’un an et demi. Malgré les nombreuses tentatives de Negash de procéder à un regroupement familial, il se heurte systématiquement à un mur juridique qui lie ses mains, mais qui n’empêche pas pour autant sa gorge de se serrer à chaque fois qu’Admasawit, du haut de ses 4 ans, partage sa tristesse, que ce soit à l’heure du coucher, ou en voyant ses camarades de classe câlinés par leurs mamans sur le chemin de l’école.

Le SEM ne semble pas voir de grands inconvénients à ce qu’un enfant de deux ans soit séparé de sa mère, pendant une période aussi longue et pour des raisons purement administratives.

Que reste-t-il de l’article 3 de la Convention relative aux droits de l’enfant ? S’applique-t-il équitablement à tous les enfants? Même ceux issus de la migration ? Cette question reste ouverte à bien des égards…